Vouloir gagner

« À quel moment ça craque 
Ça perd de vue la différence entre le jeu et la vie
La fiction et le réel
À quel moment ça devient grave
Terriblement important »

Photographies © Xavier Cantat


Création 2024

Durée 1h25
Tout public à partir de 11 ans

Équipe en tournée
De et par Eliakim Sénégas-Lajus 
Musique, saxophone Léa Ciechelski
Création lumières, régie Anaïs Pierre
Régie générale, scénographie Maureen Cleret
Diffusion Laurène Lamaud

Cartes jetées, plateau renversé, pions cassés, faux billets déchirés, cris d’invective, crises de larmes, amitiés brisées… Quand on aime vraiment gagner aux jeux de société, il arrive qu’on n’aime pas perdre, voire pas du tout.
Même quand l’enjeu semble faible, qu’est-ce qui se niche dans ce fanatisme de la victoire ? Qu’est-ce que peut dire la peur panique de perdre ? Ce qui nous intéresse là, ce sont bien les différences et les inégalités que ces rapports aux jeux révèlent, en termes d’apprentissages de genre et de classe sociale. Qui apprend à vouloir gagner ? À qui une défaite fait l’effet d’une remise en question personnelle ?     
Alors que la libéralisation de notre économie continue à apparaitre comme un horizon désirable pour beaucoup, amenant de plus en plus de secteurs à entrer dans le jeu des marchés, et que la mondialisation continue à engendrer son lot de gagnants et de perdants, Vouloir gagner a vocation à interroger les élans compétitifs de nos jeux de société pour tenter de mieux éclairer les ressorts ludiques de notre société de compétitions.

C’est dans une adresse directe au public que l’interprète du spectacle raconte et questionne son propre désir de gagner. Tour à tour, il nous donne à voir et à sentir les ressorts de son propre rapport à la compétition, et ceux des joueurs, joueuses, mais aussi des managers qui habitent la pièce. Le protagoniste de la pièce alterne ainsi entre récit, incarnation de personnages, mais aussi moments dansés, pour saisir les énergies et les émotions de la quête de victoires.  
Le déploiement de ces paroles, de ces discours et de ces gestes se fait en dialogue avec une musicienne, qui lui répond, qui contrefait et détourne des airs triomphaux au saxophone, et qui rythme leurs échanges avec un ensemble de clochettes, évoquant à la fois l’univers enfantin des jeux et les notifications des nouvelles technologies.  
Au fur et à mesure de la pièce, le plateau est recomposé et envahi par une scénographie composée de tables de jeu, et de présentoirs, sur lesquels s’appuie le protagoniste de la pièce pour progresser dans ses interrogations. À la fin de celle-ci, les spectateurs et spectatrices, disposé·es tout autour du plateau, peuvent à leur tour y déambuler, afin de jouer, de se documenter, de boire un verre ou d’échanger.

Équipe de création
Interprète à la création Nedjma Merahi
Administration de production Ana Vergeau 
Collaboration dramaturgie et chorégraphie Thomas Couppey, Thaïs Weishaupt
Collaboration dramaturgie et immersions Dounia Brousse
Costumes Élodie Gaillard
Conception ludique Nils Germain, Sophie de Laportalière, Juliane Mailier & Léonard Ruestchmann / Studio Otter Forge
Aide construction décor Hugues Gaillard & Gaspard Toulet
Conseil artistique Camille Girard-Chanudet, Ana Maria Haddad Zavadinack, Pauline Letourneur & Clara Ruestchmann

Avec la participation d’enfants et d’ados des écoles de Roumazières, de Nieuil, de Genouillac, du collège Jean Everhard, et du CSC de Terres-de-Haute-Charente, dans le cadre d’une résidence Éclaircie (DRAC/rectorat).  

Mentions  
Une production du Théâtre au Corps
Coproductions Le Méta – CDN Poitiers Nouvelle Aquitaine, le TAP – Scène nationale de Grand Poitiers, OARA
Soutiens DRAC Nouvelle Aquitaine (aide au projet ; aide à la transmission culturelle), Département de la Vienne, Commune de Terres-de-Haute-Charente, Ville de Poitiers, Ferme St-Michel de Confolens, Scènes Nomades, Maison des Arts de Brioux-sur-Boutonne, Théâtre Jean Lurçat d’Aubusson, CND Pantin
 


processus de création

 De 2022 à 2024, le processus de création de Vouloir gagner s’est nourri de différentes rencontres, qui ont constitué le bain dans lequel a pu émerger notre pièce, et que le public peut découvrir à la fin de la pièce, en s’approchant du tableau exposé à cet effet :

- les découvertes intellectuelles permises par les recherches et les lectures qui ont inspiré l’écriture du spectacle, notamment autour de la notion de gamification, par exemple avec les travaux de l’anthropologue Emmanuelle Savignac.  

- les découvertes humaines des différentes personnes que nous avons pu côtoyer au cours de temps d’immersions, et avec qui nous avons paragé nos préoccupations. Tout d’abord, nous avons mené un projet d’éducation artistique et culturelle dans le réseau d’éducation prioritaire de Terres-de-Haute-Charente, auprès de cinq groupes de jeunes du CE2 à la 4e, en passant par l’accueil loisir ado du Centre socio-culturel local. Ensuite, nous avons également pu rencontrer et échanger avec des joueur·ses dans différents contextes et ambiances ludiques : bars à jeux, ludothèques, associations de 3e âge, de Poitiers à Neuville-du-Poitou, en passant par Chiré-en-Montreuil et Roumazières-Loubert.


Représentations

13/14 octobre 2026 – Le MétaCDN, Poitiers
7-8 mai 2026 – Festival l'Alchimie du jeu, Toulouse [version hors les murs]

21 mars 2025 – Scènes nomades au Metullum, Melle
25/26 novembre 2024 – TAP scène nationale de Grand Poitiers

modalités de diffusion

Pour prolonger la démarche d’échanges qui a présidé à la création du spectacle, nous cherchons toujours à concevoir avec les lieux qui nous accueillent des manières de rencontrer et de faire se rencontrer autour de la pièce différent·es habitant·es des territoires où nous allons jouer.

Le spectacle existe ainsi en version salles (4 personnes en tournée), ou en version hors les murs (2 personnes en tournée, autonome techniquement), pour nous permettre de le jouer également là où ça joue, en ludothèques, festivals de jeux, centres socio-culturels, établissements scolaires, etc. 

La version salle peut également être joué en représentation scolaire.Vouloir gagner est une pièce tout-public, mais l’adresse à un public adolescent fait partie de nos préoccupations. Nous avons ainsi conçu un dossier pédagogique facilitant le travail de médiation autour du spectacle.


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